A bas l’état d’urgence permanent !

En Savoie comme dans tout le pays, la politique répressive est de plus en plus féroce envers tous ceux qui s’opposent au système capitaliste ou simplement au recul des libertés et des acquis sociaux et politiques. Nous sommes sous surveillance quasi permanente et toute contestation ou comportement non conforme au dictat de l’ordre établi dans l’entreprise et la cité, est qualifiée de comportement délictueux comme dans le cas de la solidarité active envers les migrants.

A Chambéry, c’est la mode de multiplier les effectifs de la police municipale, les caméras de surveillance et tout l’attirail du parfait policier. Le maire Michel Dantin est fier de son action en ce domaine :

- la P.M. passe de 26 policiers en avril 2014 à 40 en nov. 2017,

- depuis cet été une unité de tranquillité composée de huit agents patrouilleurs de nuit avec chien,

- dernièrement ont été inaugurés les nouveaux locaux de la P.M. et un centre de supervision urbain (CSU) équipé d’écrans affichant en direct les images filmées par les caméras de vidéoprotection, visionnées par une équipe d’opérateurs professionnels dédiés,

- Depuis l’été 2015, des patrouilles mixtes de polices municipale et nationale travaillent en coordination et organisent ensemble des opérations de contrôle.

Conséquence financière : pendant qu’on investit ici on réduit notamment les subventions aux associations et aux services culturels !

Cette frénésie de contrôle répressif semble se propager comme une trainée de poudre dans tout le département ! Nous en avons une preuve, puisqu’à St Jean-de Maurienne, il est depuis quelques temps interdit de tracter sur le marché. 

Vous avez bien lu !

Condamné pour avoir distribué des tracts sur un trottoir donnant accès au marché de St Jean-de-Maurienne

Il y a quelques mois, notre camarade François Maréchal recevait une ordonnance pénale de la juridiction d’Albertville le condamnant à une amende contraventionnelle de 33 E plus 31 E de droit fixe pour avoir distribué des tracts sur la commune de St Jean-de-Maurienne à sur une rue à proximité du marché. Les faits remontent au 16 juin 2016 à 11h ou un policier municipal a relevé ses papiers d’identité pour tractage sur le marché. 

Le marché est réglementé par l’arrêté municipal n° 38/2016 qui entrave sérieusement le droit d’expression et d’information du citoyen comme le stipule l’article 15.3 « Les foires et les marchés sont des espaces marchands. Il est donc interdit d’y proposer des tracts, flyers, revues, imprimés ou objets de toutes sortes. » Sauf exception.

Evidemment nous contestons cette vision à la seule fonction marchande car elle nie la réalité des nombreux autres échanges humains et citoyens qui s’y déroulent. De plus cette disposition est parfaitement illégale comme le montre la jurisprudence à ce sujet.

Pour l’heure nous exigeons du maire LREM Pierre Marie Charvoz, l’annulation de cette contravention et la suppression de tous les articles de l’arrêté municipal n° 38/2016 qui portent une atteinte à la liberté d’expression et de communication garantie, notamment, par la loi du 29 juillet 1881.

Si les forces de l’ordre de l’appareil d’Etat qui souvent sèment le désordre, ont la faveur de tous les réactionnaires, les organisations de gauche ont créé en réponse le Collectif Savoyard Contre la Répression qui regroupe (A et A, ATTAC, CGT, CNT, Ensemble !, FSU, LDH, NPA, PCF, PCOF, PG).

Ce collectif, diffuse des informations utiles contre l’état d’urgence permanent, organise des soirées débat, soutien les militants et citoyens victimes de la violence institutionnelle et combat les graves menaces pour les libertés publiques.

Communiqué

Communiqué

Au vu des résultats du 1er tour des élections présidentielles, les électrices et électeurs auront à choisir entre la candidate néo-fasciste, xénophobe et le candidat des banques et du patronat. . .

Entre les deux, nous n’avons pas à choisir.

Pour nous, à Alternatives et Autogestion, "La fonction présidentielle est à l'opposé de notre conception de la société. Élire un souverain tout puissant n'est pas du tout un processus autogestionnaire".

Pour le 2ème tour, chacun.e agira en fonction de son analyse. Nous proposons d’utiliser nos bulletins A&A pour voter blanc ou nul. 

Plus que jamais, pas de résignation : nous devons continuer d’œuvrer au rassemblement des initiatives ! Il s’agit bien plus de faire vivre et de coordonner sur le terrain les expériences et alternatives sociales et écologiques nouvelles mises en œuvre chaque jour.

Il ne s’agit pas d’élire un ou des chefs pour exercer un hypothétique pouvoir politique mais, au contraire, d’encourager  les citoyen-ne.s à réfléchir, décider, agir, pour plus d'écologie, de solidarité humaine, de justice sociale - de la campagne à la ville.

Loin de la théorie pure et des promesses insensées, il s’agit d’agir concrètement sur le terrain des luttes en participant à la construction d’une société autogestionnaire, écologiste, féministe et solidaire, avec les associations, les syndicats et les forces sociales qui ont déjà « les mains dans le cambouis ».

Ce sont ces luttes et les conditions de leurs développements qui repousseront la propagation de l’idéologie d’extrême-droite et qui récuseront les prétendus bienfaits du libéralisme.

Aménager le territoire, pour quelle utilité, quel mode de vie, quelle démocratie ?

Aménager le territoire

Bien que les grands projets inutiles aient beaucoup de similitude sur la question de l’utilité, de leur démesure, de leur incidence écologique et sociale sur les territoires traversés, nous menons en priorité la lutte contre le Lyon Turin. Ce projet a fait l’objet d’une large désinformation de la part des organisations politiques et syndicales, des élus locaux en opposant la « valeur du train de plaine écologique et rapide » à « l’archaïsme du train de montagne énergivore et lent ». Depuis l’enquête publique de 2012 concernant les voies d’accès entre Lyon et Modane, EELV, SUD, la confédération paysanne et quelques élus locaux ont retourné leur veste en faveur du report modal immédiat sur les lignes existantes et ont rejoint ainsi les opposants de la première heure. En effet les opposants historiques dont ceux de l’avant pays savoyard,  les Alternatifs, la LCR, la FA, le CCLT s’étaient opposés déjà plusieurs années avant 2006, date de l’enquête sur le tunnel de base. Aujourd’hui, c’est cette partie dite partie commune, que les tenants du LT cherchent, à faire avancer sans respecter les règlements et les principes démocratiques, afin de  rendre irréversible la construction de ce projet pharaonique  (voir sur notre blog notre article du 01 2017).

 

LT : quelle incidence  pour Chambéry?

« le Lyon Turin » devrait passer à Chambéry, on en parle depuis près de trente ans. Les élus de tout bord s’y emploient 1 et 2 : le quartier de La Cassine a été sacrifié, les jardins détruits, les opposants de la ZAD virés en vue de la réalisation d’un quartier d’affaires en connexion avec la gare TGV et les autoroutes alpines.

 

1 automne 2011 (La gauche) Supplément au magazine Chambéry Métropole, « Grands projets 2011– 2014, l'agglomération construit son avenir

2 décembre 2016 (La droite) Dossier de concertation quartier Cassine « l’Arche Cassine, tertiarisation de l’économie, quartier connecté »

 

Pour les élus, Le Lyon – Turin, les pôles multimodaux et les « pôles d'affaires » ne sont donc pas des « grands projets » isolés mais une même logique à l'oeuvre, celle du développement du capitalisme, celle de la vie au service de l'économie. Le but de celles et ceux qui ont le pouvoir (élu.e.s, technocrates, expert.e.s...) est de fabriquer la même ville, partout : des « métropoles » toutes identiques et toutes concurrentes. Et pour le vernis écologique, à votre descente du TGV, on vous louera des vélos.

 

C’est ainsi que le quartier de la Cassine dédié par la gauche à l’économie tertiaire avec les centres d’affaires a été repris à son compte par la droite qui imagine d’en doubler la superficie jusqu’à 15ha en prévoyant des bureaux, logements, et lieux de vie, le tout cent pour cent connecté y compris la démocratie numérique.

 

Collectivité locale et démocratie 

1 er exemple le dossier des TC voir tract du 14 01 2017 http://savoie.alternatives-et-autogestion.org

Depuis près d’un an, la droite, aux commandes de l’agglomération chambérienne, a engagé une restructuration du réseau de bus dans des conditions telles que le mécontentement s’est développé et transformé en une lutte citoyenne et politique. La mise en place du nouveau plan de circulation des bus dans l’agglomération chambérienne, c’est la politique du secret, du fait accompli, de l’emploi de la force policière, appliquée par les élus pour imposer leur choix.  Une méthode antidémocratique et autoritaire qui ne pouvait déboucher que sur les violences policières, le massacre d’une partie de la ville, une dégradation du service aux usagers notamment pour les plus vulnérables ou les plus éloignés des centres urbains.

Un référé engagé par l’opposition municipale a ordonné l’arrêt des travaux et la mise en place d’une concertation. Mais le mal était fait, une partie de la ville a été défigurée et l’abattage des arbres place de la gare et sur le quai du jeu de paume a donné lieu à une résistance physique non violente vite réprimée par les forces de l’ordre. Aujourd’hui le dispositif a rendu la circulation plus encombrée, l’accès aux correspondances très difficile voire impossible pour les plus vulnérables, le centre d’échange ayant été remplacé par plusieurs pôles nécessitant la marche à pied autour de l’hyper-centre. Le système de vélo-bulle, trop réduit et payant,  s’avère très insuffisant pour compenser ces inconvénients. Si nous ajoutons la nouvelle augmentation tarifaire de la droite à celle de la « gauche », en l’espace de 4 ans, les tarifs auront donc augmenté de 31 à 57 %, suivant les catégories tarifaires pour un service réduit et souvent amputé en bouts de lignes !

Le cumul de tous ces facteurs a déjà pour conséquences, des difficultés accrues pour les usagers, et inévitablement un retour en force de la voiture particulière en ville.

Un collectif d’habitants et d’usagers reste vigilant et assure la remontée des disfonctionnement et mécontentements. Le 14 janvier dernier, dans le froid et la grisaille, 200 personnes  se sont rassemblées à l’appel du collectif pour exiger la prise en compte des  revendications légitimes pour le  meilleur service public pour tous. On pouvait noter la présence de représentants du personnel et de militants politiques de gauche et syndicaux.

2ème  exemple la démocratie participative à Chambéry

Depuis plusieurs mandats les élus de la ville ont engagé une politique volontariste de démocratie participative en créant six conseils de quartier rattachés à six mairies dont une spécialement créée par volonté de décentralisation et de nouvelle pratique démocratique. La droite revenue aux affaires, après avoir hésité  plus d’un an, a repris le flambeau et s’est lancée sous la forme de conseils de quartiers citoyens puisque deux quartiers sont sous régime de la politique de la ville en contrat avec l’Etat.

Si la nouvelle majorité a souhaité donner plus d’autonomie interne à chaque conseil, ce qui a permis de sortir d’un fonctionnement pyramidal et sous tutelle de l’adjoint de quartier, tout ne va pas mieux pour autant. Les dossiers sont souvent découverts dans le Dauphiné Libéré, première presse en Savoie, les propositions faites dans les quartiers ne font pas l’objet de séances de réflexion commune habitants / élus. Si le conseil du quartier à eu le temps de présenter ses orientations et propositions, d’organiser la consultation des habitants, force est de constater que 80% des points soumis n’ont pas fait l’objet d’une réponse de la part des élus. Et pourtant que d’énergie dépensée pour sauter les obstacles administratifs, réunir les membres du conseil de quartier sachant que 1/3 a été tiré au sort, et que traditionnellement on se retrouve en fin de mandat avec 10% de l’effectif de départ.

Si l’expertise des habitants, est reconnue dans les discours, dans la réalité il nous a été indiqué que sur certains dossiers importants, la ville ne souhaitait pas associer le CQ au groupe de pilotage par exemple. Tous ces aspects, sont préjudiciables à la participation des habitants et  à la démocratie locale.

Certains diront que les promesses ne sont faites que pour ceux qui les croient, et que pour la démocratie participative  c’est la même chose. Partant de là, il reste le choix d’abandonner le terrain aux décideurs habituels, ou de proclamer qu’il faut reprendre la ville en gérant nous-mêmes  les affaires qui nous concernent. Nous y sommes favorable mais d’expérience, les tentatives de constituer des comités ou collectifs d’habitants indépendants se sont heurtées au manque de volontaires pour causes diverses comme les difficultés d’accès aux informations et moyens  de la ville…

Oui il faut renverser cette institution et permettre une démocratie directe. On y parviendra en se battant avec le plus grand nombre, sur des objectifs de meilleure qualité de vie à travers  le logement, les services de proximité, le lien social, les lieux et espaces publics. En ce sens, le conseil de quartier peut être un moyen, à nous de le subvertir et en faire un outil de contre-pouvoir (territoire en transition, circulations douces, lien social...) 

Pour un service public de bus gratuits à Chambéry !

 

Ce que nous retiendrons d’abord de la mise en place par la droite du nouveau plan de circulation des bus dans l’agglomération chambérienne, c’est la politique du secret, du fait accompli, de l’emploi de la force policière, appliquée par les élus pour imposer leur choix.  Une méthode antidémocratique et autoritaire qui ne pouvait déboucher que sur les violences policières, le massacre d’une partie de la ville, une dégradation du service aux usagers notamment pour les plus vulnérables ou les plus éloignés des centres urbains.

Il faut ajouter à cela une nouvelle augmentation des tarifs qui se rajoute à celle qu’avait déjà mise en place la municipalité Laclais-Besson. Le prix du ticket de bus, déjà passé de 1 à 1,30 € en 2012, vient ainsi d’atteindre 1,40 €. Le carnet de 10 tickets est passé de 7 à 10 € en 2012 et coûte désormais 11 euros. L’abonnement annuel est passé de 275 à 315 € en 2012 et vient d’être porté à 362 €. En l’espace de 4 ans, la « gauche » et la droite auront donc augmenté les tarifs de 31 à 57 %, suivant les catégories tarifaires !

L’augmentation des prix et la dégradation du service provoquent la colère des usagers. Celle-ci se retourne largement contre les personnels, qui doivent faire face à des conditions de travail dégradées et stressantes. Cela s’est traduit par des grèves que nous soutenons, avec des revendications auxquelles la municipalité doit répondre.   

La hausse des tarifs et la dégradation du service ont conduit nombre d’usagers à reprendre la voiture, accentuant les embouteillages provoqués par le dispositif mis en place. Pendant tout ce temps, le groupe Veolia, pour lequel l’agglomération a privatisé la gestion des bus, continue à faire son beurre sur ce qui devrait être un service public.

Nous exigeons : 

  • Un vrai service public en gestion directe sous contrôle citoyen
  • Un service cadencé, avec un réseau renforcé et des accès bus à moins de cinq minutes sur tout le territoire
  • Des conditions d’exploitation du réseau respectueuses des personnels
  • Des transports gratuits à Chambéry Métropole

La gratuité : une urgence sociale ! Les personnes âgées, les jeunes, les précaires, les personnes à mobilité réduite n’ont bien souvent que les transports collectifs pour se déplacer, pour le travail, pour les démarches administratives, pour les courses, l’accès à la culture, à la santé.

La gratuité : une urgence écologique ! Les véhicules particuliers sont responsables de 65 % des émissions de CO2 dues aux déplacements urbains et périurbains, les véhicules utilitaires de 30 %, les transports en commun de 3 % et les deux roues de 2 %. La gratuité et le développement des transports en commun amélioreront la qualité de vie.

La gratuité, c’est financièrement possible !  A Chambéry et dans l'agglomération, les usagers paient 15 % du coût du fonctionnement des transports en commun. Les 85 % restant sont financés par la fiscalité dont le « versement transport » des entreprises, actuellement de 1,7 % de la masse salariale, qui peut encore être augmenté.

 

Alternatives & Autogestion, Ensemble, Nouveau Parti Anticapitaliste, Parti de Gauche.

En finir avec le Lyon Turin ferroviaire !

Voici bientôt 30 ans que le projet du Lyon Turin ferroviaire a été lancé ! Ou en est-on aujourd’hui et en quoi ce projet est-il utile pour les habitants, l’environnement, le climat et les finances publiques?

14 décembre 2016 : la Commission des affaires étrangères adopte sans modification le projet de loi n° 4170 autorisant l’approbation de l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République italienne signé le 24 février 2015 pour l’engagement des travaux définitifs de la section transfrontalière de la nouvelle ligne ferroviaire Lyon-Turin (n° 4170) dont  M. Michel Destot était le rapporteur. (http://www.assemblee-nationale.fr/14/cr-cafe/16-17/c1617028.asp)

Une fois encore, l’avis de nombreuses instances publiques (Cour des Comptes, Conseil général des ponts et chaussées, l'Inspection Générale des Finances, Le Conseil d'État,  …) comme celui des différents opposants au projet du Lyon Turin, qui s’appuient sur des éléments chiffrés et vérifiables ne sont pas entendus. Les tenants du LT s’en tiennent à des prévisions de croissance exponentielle des productions et des échanges largement démentis par les faits depuis de nombreuses années.

Les tenants du Lyon Turin ont choisi le productivisme, la course au profit, les délocalisations, le dumping social, Le gaspillage de l’argent public et les PPP.

Nous avons choisi, l’écologie, la justice sociale, les relocalisations, les solidarités entre les peuples, les solutions immédiates et économes dans le cadre du service public.

Au nom de la croissance et du chantage à l’emploi, et sans rire de la protection de la nature et de la qualité de l’air, ce projet soutenu par les grands groupes du BTP s’inscrirait, selon ses promoteurs, dans un cercle vertueux, pour nous improbable.

 

Pour nous le Lyon Turin s’inscrit dans une perspective du développement des productions et d’échanges de marchandises doublé d’un réseau voyageurs G.V. à travers l’Europe. Il contribuerait  à l’augmentation des capacités de transport et de nuisances induites pour l’environnement et les territoires concernés. Il répondrait aux exigences de l’économie capitaliste avec le juste à temps, les délocalisations des productions, provoquant le dumping social et la concurrence entre les peuples.

 

Ainsi pour Michel Destot qui était le rapporteur du projet de loi

« … la liaison Lyon Turin va stimuler l’ensemble de l’activité des régions qu’elle traversera, qu’elle reliera ou à proximité desquelles elle passera... »

 

Si ce projet pharaonique se réalisait quelles seraient les conséquences ?

-50% de camions en plus sur les routes (22 à33Mt/an) en 2035

-Multiplication par 2,5 de la capacité route + rail de 34Mt à 90MT

-210 km de voies nouvelles dont 150km de tunnels

-50 millions de m3 de déblais sur l’ensemble du projet

-59 ouvrages d’art courant - 6 viaducs - 8 tunnels 

-Destruction de zones naturelles ( humides, Natura 2000 ) et agricoles (1500 ha)

-de 1,3 Millions /an à 4M/an de voyageurs à l’international

-26Mds euros d’investissement total dont 9 Mds pour la section transfrontalière.

-les impacts prévisibles sur les eaux souterraines et les tarissement de sources d'eau potable comme à Villarodin-Bourget ;

-incidence sur réseau natura 2000, zones humides Landiers, Belledonne, Hurtières, St Hélène du lac...

-bruits et vibrations (200 habitations à moins de 100m)

-viaducs : bruit, visuel, environnement (village Chimilin...)

-Expropriations en série .

-Dépôts de déblais de tunnels tout au long du territoire dont Comblement de la carrière du Paradis à Lanslebourg par 4,5Mm3 et -impact chantier 19Mm3 de déblais (accès français phase 1,2) dont 9,4 en dépot 860 rotations de camions/j.

 

 Et pour Chambéry quelle incidence ?

« le Lyon Turin » devrait passer à Chambéry, on en parle depuis vingt ans. Les élus de tout bord s’y emploient 1 et 2 : le quartier de La Cassine a été sacrifié, les jardins détruits, les opposants de la ZAD virés en vue de la réalisation d’un quartier d’affaires en connexion avec la gare TGV et les autoroutes alpines.

 

1 automne 2011 (La gauche) Supplément au magazine Chambéry Métropole, « Grands projets 2011– 2014, l'agglomération construit son avenir

2 décembre 2016 (La droite) Dossier de concertation quartier Cassine « l’Arche Cassine, tertiarisation de l’économie, quartier connecté »

 

Pour les élus, Le Lyon – Turin, les pôles multimodaux et les « pôles d'affaires » ne sont donc pas des « grands projets » isolés mais une même logique à l'oeuvre, celle du développement du capitalisme, celle de la vie au service de l'économie. Le but de celles et ceux qui ont le pouvoir (élu.e.s, technocrates, expert.e.s...) est de fabriquer la même ville, partout : des « métropoles » toutes identiques et toutes concurrentes. Et pour le vernis écologique, à votre descente du TGV, on vous louera des vélos.

 

 

Ce que disent, font ou ne font pas les tenants du Lyon Turin

 

  • Ils prétendent réduire le nombre de camions, la pollution et les GES mais ils prévoient d’ici 2035 aux passages franco-italiens des Alpes du nord,

-d’augmenter de 50% le trafic routier de marchandises (22 à 33 millions de tonnes/an) alors qu’il est passé de 25Mt/an à 19Mt.

-de porter la capacité sur rail à 60 millions de T de marchandises par an dont 16 sur la ligne historique (x par 6) alors qu’il est passé de 10Mt en 1983 à 3,5Mt aujourd’hui.

-Multiplier par 2,5 la capacité route + rail de 34Mt à 90MT

 

  • Ils ne font rien aujourd’hui pour réduire la pollution :

La ligne fret Ambérieu / Modane a été portée à une capacité de 17Mt et mise au gabarit GB1 pour un cout de 1Md E et reste sous-utilisée à 3,5Mt. Aucune mesure n’a été prise pour transférer 1 million de camion par  ferroutage depuis Ambérieu alors que la pollution n’a jamais été aussi forte.

 

En 1998 circulait au moins 100 trains de fret par jour sur la voie ferroviaire existante entre Lyon et Turin, aujourd’hui il en circule 20

 

En 1991 ils prévoyaient  19 millions de passagers après la mise en service du projet

alors qu'en 2012, RFF n'en prévoit plus que 4,05 millions.

 

Actuellement Il ne circule entre la France et l'Italie que 3 TGV dans chaque sens /j et les trains régionaux transfrontaliers ont été supprimés.

 

Ils mentent !

  • L’an dernier l'entreprise NFM Technologies présentait à la presse un énorme tunnelier baptisé Fédérica, réalisé, dit-on, au Creusot (Saône-et-Loire) où il a été fabriqué. Il devait creuser à partir de l'été 2016 la galerie de reconnaissance, côté français, du futur tunnel transfrontalier. Puisqu’ils ne le disent pas, il est intéressant de savoir que NFM Technologies, initialement NFM (Neyrpic Framatome Mécanique à Grenoble), constructeur du tunnelier est détenu à 100% par le groupe industriel chinois NHI.

 

  • La galerie dite de sécurité du tunnel routier du Fréjus qui ouvrirait en 2019 deviendra en fait après signature par Monsieur Cuvillier le second tube de circulation. Les exploitants prévoient une affluence de 4 200 camions par jour et 1 050 000 par an alors qu’actuellement ce sont 1 800 poids lourds qui empruntent le tunnel quotidiennement et 680 000 environ par an. C’est une augmentation objective du trafic routier qui est consentie entre autres pour polluer plus.

L'équilibre financier du tunnel du Fréjus est aujourd'hui garanti par les dividendes tirés de l'exploitation du tunnel routier du Mont-Blanc à hauteur de 20 millions d'euros en 2015, sans lesquels le tunnel du Fréjus serait en perte au travers du Fonds pour le développement d'une politique intermodale des transports dans le massif alpin FDPITMA qui n'affiche aucun bilan en matière d'intermodalité !

 

  • L’emploi : la région annonçait en 2012  30000 emplois directs au Lyon Turin

Pour  les emplois le journal de la région RA en 2012 avaient annoncé 30000 emplois directs.  TELT ( Tunnel Euralpin Lyon Turin) a  annoncé 10 000 emplois sur  10 ans dont  3500 pour  le  tunnel  international, sachant que  du  coté Maurienne seulement quelques  centaines d'embauches étaient   prévues il y a un an ce que confirmait le directeur administratif et financier du groupe Eiffage (source Entreprise et Carrières de janvier 2016). « sur 291 recrutements prévus, 111 viendront d'autres entités du groupe, 180 seront embauchés en intérim dont seulement 90 mauriennais » ou licenciés de Métaltemple et Carbone-Savoie en Tarentaise, les autres venant de pays étrangers.

 

D’après « Le lanceur » du samedi 7 janvier 2017  le chantier de la galerie de 9 km entre la descenderie de Saint-Martin-la-Porte et celle de La Praz, mené par le groupement d’entreprises franco-italiennes mandaté par Spie Batignolles TPCI, une filiale spécialisée dans les travaux souterrains du groupe Spie Batignolles,  regroupait fin mars 2016 environ 440 employés, qui n’ont pas tous été embauchés récemment : 160 environ faisaient déjà partie des entreprises du groupement et ont été affectés à ce projet. 65 emplois sous-traitants et environ 210 intérimaires (dont plus de la moitié de Mauriennais) complètent le tableau.

D’après Louis Besson, rapporte l’article « une vingtaine d’Italiens détachés, une quinzaine de Portugais et une dizaine de Polonais intérimaires “sous régime français” »

La CGT, généralement confiante sur ce projet, s’est inquiétée du sort des travailleurs détachées et souhaitait installer un local syndical ce qui n’est pas du  goût des entreprises.

Selon Patrick Dieny, le chargé de mission Lyon-Turin à la préfecture de Savoie, 2 000 emplois continus sur le chantier de la Maurienne sont attendus entre 2020 et 2025. 

On serait très éloigné des chiffres propagandistes de la région R A en 2012 !

 

Des Procédures non respectées

- L’article 16 du traité franco-italien du 4 septembre 2014 prévoit que le financement doit être disponible préalablement au lancement des travaux.  Ce financement n’existe pas.

 

-La certification des coûts de Tractebel et TucRail ne peuvent être qualifiées d'indépendantes, il s'agit de sous-traitants de Lyon-Turin Ferroviaire comme l'indiquent leur site Internet.

 

-La levée de la saturation de la ligne ferroviaire existante rappelée à l'article premier de l'accord franco-italien du 29 janvier 2001, est déclarée comme « préalable indispensable » lors du débat parlementaire ce qui implique un lien direct entre "saturation" et "réalisation 

-Pour plus d’infos voir « le fascicule » réalisé par François Mauduit et Daniel Ibañez  opposants au LT http://lyonturin.eu/analyses/docs/Fascicule/Fascicule_oct2016_LT_DI_20161029%20final.pdf  ou   http://lyonturin.eu  puis « analyses »

Répression, conflits d’intérêts, déficit démocratique

L’obstination des décideurs de TELT, (Tunnel Euralpin Lyon Turin), des Etats et collectivités locales sous la pression du lobby des Industries Ferroviaires et du BTP, entraîne  de nombreuses irrégularités, conflits d’intérêts, comportements mafieux, dans la conduite de ce dossier. De part et d’autre de la frontière la violence policière est employée contre les opposants “No Tav” comme réponse à l’exigence démocratique des habitants.

Les No Tav sont opposés à ce projet sur le fond !

Avant même l’enquête publique de 2006 concernant le tunnel de base et celle de 2012 sur les accès français, le mouvement savoyard contre le LT devenu No Tav en 2012, a dénoncé ce projet inutile, couteux et pharaonique. Notre combat contre ce projet, symbole de tout ce que représentent le productivisme et le capitalisme en terme d’exploitation de l’homme et de la nature et de la recherche du profit maximum, s’inspire des idées des courants écologistes et décroissants. Nous opposons à ce modèle, la recherche de la satisfaction des besoins en terme de déplacements quotidiens : doublement des voies uniques, cadencement, fréquence, régularité plutôt que vitesse et zones désertées. Plus globalement nous militons pour la fin du productivisme, pour un développement soutenable, pour une démocratie directe, et la justice sociale. Alternatives et autogestion de Savoie milite évidemment avec les No Vav contre ce projet.

Reporter 1 million de camion de la route au rail c’est possible dès maintenant Aujourd’hui face à la pollution récurrente dans les vallées alpines, la Région Auvergne Rhône Alpes, annonce une enveloppe de 10 Millons E pour engager en 2017 le report modal de la route au rail dans les liaisons franco-italiennes des Alpes du Nord. Monsieur Patrick Mignola, vice-président de la région a invité l'ensemble des organisations et la population à lui faire parvenir des propositions concrètes pour une mise en service effective du report modal dès 2017.

En Savoie des opposants au projet Lyon Turin, qui de longue date ont déclaré que le report modal massif est possible en utilisant les capacités ferroviaires existantes dans les Alpes, ont adressé le 31 décembre leurs DIX propositions permettant de réduire d'un millions le nombre de camions effectuant le trajet France Italie par les Alpes (Mont-Blanc et Fréjus). Les auteurs de ces propositions, réunis dans un atelier "Savoirs Partagés", présentent en ce début 2017 lors d’une série de réunions publiques le détail de leurs propositions et les documents qui attestent de leur faisabilité. (voir ci-dessous).

Régis Moulard

 

Annexe

NOS DIX PROPOSITIONS POUR REPORTER LES MARCHANDISES

D'UN MILLION DE CAMIONS/AN SUR LE RAIL EXISTANT

Proposition 1 : Passages à niveau

Engagement des travaux pour la disparition des passages à niveau sur la voie existante ce qui donnera du travail aux entreprises locales dans l'intérêt général : plus de fluidité, moins de risques d'accident, plus d'efficacité.

Proposition 2 : Protection de la population et des espaces naturels

Améliorer la protection des riverains de la voie ferrée existante par la réduction des bruits à la source, par la pose d'écrans acoustiques et la couverture des voies. améliorer la protection du Lac du Bourget et des zones naturelles que longe la voie.

Proposition 3 : Interdiction des circulations poids lourds à vide

Interdiction de circulation dans les tunnels transfrontaliers à vide ou avec une charge inférieure à 50% (masse - volume,) pour les poids lourds de plus de 3T5.

Proposition 4 : Banque de données ouverte

Organiser l'accès à toutes les données des transports routiers et ferroviaires dans le cadre d'une démarche de transparence, de participation de la population et des acteurs économiques pour améliorer les services de report modal et diminuer le transport routier des marchandises.

Proposition N°5 : Trois zones de chargement

Trois zones de chargement/déchargement pour le transfert Route/Rail/Route : 1.) Ambérieu-en-Bugey, 2.) Portes les Valence, 3.) Saint-Quentin-Fallavier ou Port Edouard Herriot.

Proposition N°6 : Système d'informations, Réservation, Suivi

Développement d'un système d'informations, comprenant notamment un site Internet de gestion du transport intermodal avec le suivi, la réservation, l'information de chargement.

Proposition N°7 : Interdiction des poids lourds de plus de 4 mètres

Interdiction des véhicules de plus de 4 mètres de hauteur aux tunnels du Fréjus et du Mont-Blanc, ce qui permettra de favoriser le report de la route vers le rail dans les meilleurs délais.

Proposition N°8 : Trois solutions intermodales basées sur l'existant

Mise en place de solutions intermodales route/rail, ne nécessitant pas d'investissement d’infrastructure lourd, utilisant des matériels roulants routiers, ferroviaires, des équipements de levage et de manutention, existants et standards :

- Généralisation des conteneurs sur wagons plats ou wagon "kangourou";

- Mise en service d'un service de levage/chargement de remorques à pinces sur wagons pocket;

- Mise en service d'une offre de route roulante.

Proposition N°9 : Financement de l'intermodalité

Versement par le FDPITMA des dividendes provenant du tunnel du Mont-Blanc pour le financement de l'intermodalité route/rail dans les vallées alpines. Reversement des sommes versées par le tunnel du Mont-Blanc à celui du Fréjus.

Aides financières aux opérateurs ferroviaires et aux transporteurs routiers pour l'adaptation des matériel intermodaux sous condition de l'utilisation effective des services ferroviaires.

Proposition N°10 : Surveillance, Améliorations, Information

Création d'un organe de surveillance et de prescription de l'intermodalité dans les Alpes.